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Carnet de voyage: Leïla Beaudoin, Chapitre 8 — Le poids de la mission

Samuel Décarie-Drolet - Punchcast

6 h 45.

JF descend chercher un espresso pour Leila avant qu’elle n’entre dans la dernière ligne droite : la déshydratation. À ce stade, chaque détail compte. Un expresso, ce n’est pas un luxe, c’est un outil. La caféine stimule le système nerveux, augmente légèrement le métabolisme et la dépense d’énergie, tout en coupant temporairement l’appétit. Un petit coup de pouce stratégique, utilisé au bon moment, pour aider le corps à finir le travail.

Photo: Samuel Décarie-Drolet – Matin de Miami…

7 h 00.

JF arrive dans la chambre de Leila. Elle ne dit rien. Elle sourit.

Victoire silencieuse.

Leila a perdu 1,7 lb pendant la nuit.

7 h 15.

Le processus s’enclenche. On l’a repoussé le plus tard possible. Moins de temps déshydratée, c’est plus de contrôle, plus de sécurité, plus de lucidité.

Leila est avec JS et JF.

Je suis en confiance.

Je pars courir.

Ce matin, mes partenaires sont Mathieu Casavant et Anthony Rudman, avocat de EOTTM. Associé au cabinet Dentons, Me Rudman excelle en droit des affaires et en droit sportif. Il est arrivé la veille au soir, le voyagement encore dans le corps. Mais à 7 h 30, il est là, fidèle au poste, à courir avec nous.

Respect.

Photo: Vincent Ethier – Camille Estephan, Antonin Décarie et Anthony Rudman

Après la course, je rejoins Leila.

Elle est heureuse. Elle chante à tue-tête pendant que DJ JS tente de garder le contrôle de la playlist. Elle le sait : le plus dur est presque derrière elle.

130,0 lb.

Sur notre balance.

Direction la pesée officielle.

Paperasse. Attente. Formalités.

Photo: Esther Lin / MVP – Leïla Beaudoin et Samuel Décarie-Drolet lors de la sélection des gants…

C’est lourd, mais c’est le passage obligé.

Puis vient le moment de vérité.

Devant la commission.

Le stress.

La précision chirurgicale du chiffre.

Les visages fermés des officiels.

Puis… la respiration qui revient.

Tout le monde fait le poids.

Leila part manger avec l’équipe.

Anthony et moi restons pour le rules meeting.

Annonce majeure.

Nakisa prend la parole: bonus de performance de 100 000$ US pour le combat — ou le combattant — de la soirée.

Photo: Esther Lin / MVP – Leïla Beaudoin et, à gauche, Nikisa Bidarian… et Samuel Décarie-Drolet

Ça va en motiver plusieurs.

Mais Leila, elle, n’a pas besoin d’un bonus pour performer.

C’est le combat de sa vie.

Après la réunion: choix des gants.

Simple. Clair. Sans anicroche.

Je rejoins l’équipe. On part manger.

Leila a déjà bu. Déjà mangé.

Elle a encore faim.

Elle remange.

Bon signe.

Une fois rassasiée, elle monte se reposer.

Consigne claire : personne ne la dérange avant 15 h 30.

Hydratation et collations sont réglées au quart de tour. Elle a l’horaire. Elle suit le plan.

13 h 00.

Antonin Décarie, mon cousin et directeur général de EOTTM, arrive enfin. Long vol, escale, départ à l’aube. Fatigué, mais sincèrement heureux d’être là.

Photo: Vincent Ethier – Antonin Décarie

16 h 00.

On se regroupe dans la chambre de Leila.

On part ensemble.

À notre arrivée au The Fillmore Miami Beach / Jackie Gleason Theatre, VADA nous attend.

Quatrième test du camp. Un autre demain.

J’espère qu’Alycia sera tout autant testée… ou même plus, vu ses histoires qui appartiennent maintenant au passé.

On me confirme que les deux ont été testées le même nombre de fois.

Photo: Samuel Décarie-Drolet – Leïla Beaudoin avec la responsable de VADA…

18 h 00.

La pesée cérémonielle débute dans ce même théâtre, chargé d’histoire.

Le spectacle commence.

Leila monte sur la plateforme.

Elle s’élève.

Pause.

Baumgardner fait de même.

Les plateformes redescendent.

Dernier face-à-face.

La foule se rapproche, attentive, pleinement présente.

L’énergie est là — vivante, stimulante. On sent l’excitation monter, celle des grands moments, quand tout le monde comprend qu’il est sur le point de se passer quelque chose de spécial.

Le bruit devient un murmure de fond.

Le moment est calme, presque posé. Deux athlètes se font face, solides, ancrées, conscientes du travail accompli.

Aucun mot n’est nécessaire. Mais Alycia est volubile, comme à son habitude. Elle tente de déstabiliser Leïla. Ça ne fonctionne pas. En une seule phrase, Leïla ramène Baumgardner au respect.

Alycia: Are you ready? Are you ready? I Hope you’re ready!

Leila: We are ready!

Alycia: You’re right, WE are ready! Co-main event baby!

Maintenant, tout passe par le regard : le respect, la confiance, la certitude d’être exactement à la bonne place, au bon moment. Les yeux échangent ce que les mots n’ont pas le pouvoir de dire.

À cet instant précis, le message est clair.

Le travail est fait.

Il est temps de performer.

Après la pesée, on retourne manger. Ensemble.

L’énergie est bonne.

Leila est focus.

Photo: Esther Lin / MVP – Alycia Baumgardner et Leïla Beaudoin…