Mobile header

Carnet de voyage: Leïla Beaudoin, chapitre 7 — Tic-Tac: 48 heures

Samuel Décarie-Drolet - Punchcast

Conférence, coupe de poids, guerre mentale… Le 17 décembre, il reste 48 heures.

Ce n’est pas long, mais ça peut paraître une éternité.
Ce n’est plus du rêve.
Ce n’est plus de la préparation.

C’est le dur.
Le vrai.
La première bataille à gagner.

La journée commence comme toutes les autres.
La routine.
Leila se lève, se pèse, envoie un texto à JF.
Il arrive pour lui préparer le déjeuner.

Pendant ce temps, je fais la mienne.
Activation.
Vide mental.

Aujourd’hui, j’ai écouté Mathieu Casavant.
5 kilomètres de jogging le long de Miami Beach.
Le sable. L’air salin. Le rythme.
Juste assez pour faire taire le bruit.

Photo: Matt Casavant / IG – Miami Beach

Je rentre.
Leila me rejoint au gym pour une petite activation.
Elle arrive avec JF… et JS.

Jean-Sébastien.
J’avais dit que j’allais revenir sur son cas.

Beau garçon de 29 ans.
Entrepreneur en planification financière. Il a son propre cabinet.
Mais surtout : conjoint de Leila depuis plus de six ans.

Les gens ne réalisent pas à quel point JS fait partie intégrante de l’équipe à temps plein.
Il épaule.
Il comprend.
Il rassure.
Il motive.
Il écoute.

Il est là dans les bons moments, mais surtout dans les moments difficiles.
Il est son roc.
Son phare.

Ils se complètent.
Et je suis sincèrement content qu’elle soit tombée sur un homme comme ça.
Parce que Leila…
je l’aime bien.

Après l’activation, Leila va manger.
Peu.
Mais elle mange.

Elle s’installe ensuite au bord de la piscine.
Question de décrocher.
Pas longtemps, on ne veut pas qu’elle y laisse trop d’énergie.

Puis elle remonte à sa chambre.
Maquillage.
Préparation.

La conférence approche.

Photo: Esther Lin / MVP – Alycia Baumgardner et Leïla Beaudoin

La conférence de presse

The Fillmore Miami Beach / Jackie Gleason Theatre

Le décor est grand.
Presque trop.

Un théâtre historique.
Fauteuils rouges.
Projecteurs blancs.
Une scène qui a vu passer des légendes, et qui, ce soir, sert de ring invisible.

Les équipes arrivent.
Pas ensemble.
Jamais ensemble.

Chaque camp envoie ses messages sans parler.
La posture.
La distance.
Le regard qui s’attarde… ou qui fuit.

Tout est calculé.
Même le silence.

La conférence de presse finale n’est pas un échange.
C’est un duel figé.

Les questions des journalistes coulent, mais restent en surface.
Les vraies réponses sont ailleurs.
Dans une mâchoire serrée.
Dans une respiration trop courte.
Dans un regard soutenu une demi-seconde de trop.

Certains parlent.
D’autres non.

Les mots comptent.
Mais les silences pèsent plus lourd.

Photo: Esther Lin / MVP – Alycia Baumgardner et Leïla Beaudoin

Quand les micros s’éteignent, quand les flashes cessent, personne ne sourit vraiment.
Parce qu’à la fin de la journée, il n’y aura que deux personnes dans le ring.

Après la conférence: la coupe de poids

À partir de là, le temps se déforme.

La nourriture devient une idée abstraite.
L’eau, une obsession dangereuse.
Chaque geste est mesuré.
Chaque déplacement coûte.

La fatigue n’est pas spectaculaire.
Elle est sourde.
Elle s’installe dans les épaules, dans les hanches, derrière les yeux.

Il n’y a pas de plainte.
Il y a que de la discipline.

On parle peu.
On respire lentement.
On suit le plan.

Personne ne révèle ses méthodes.
Mais tout le monde reconnaît les signes chez l’autre.

Ce soir-là, Leila fera un seul bain chaud.
Puis direction sa séance avec Roz.

La guerre mentale commence ici.
Dans l’acceptation de l’inconfort.
Dans le refus de céder à la panique.

Dormir est important.
Mais pas évident pour tous.

Leila, elle, pourra bien dormir.
La gestion du poids va bien.
Le reste se fera demain.

Il ne reste qu’un objectif.

Le chiffre.