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Mathieu vs Falcao: les experts se prononcent

Noé Cloutier - Punching Grace

Wilkens Mathieu (15-0, 10 KO) sera de retour devant les siens pour sa première finale, à Québec, où il tentera d’amener sa carrière au niveau supérieur, ce jeudi, face au médaillé olympique brésilien Esquiva Falcao (32-2, 21 KO).

Il s’agira de la première défense de titre NABF des super-moyens de la fierté de Québec qui est déjà classé au 10e rang mondial du WBC, de même qu’au 15e de la WBA.

À seulement 21 ans, il est de loin plus jeune aspirant du top-10 mondial de sa catégorie, mais ça ne s’arrête pas là…

Photo: EOTTM – Wilkens Mathieu (à droite)

Un public déjà conquis

Un élément qu’il faut d’abord souligner est que, à son premier événement en tant que tête d’affiche, Wilkens Mathieu devrait combattre devant une foule d’un peu plus de 1 000 personnes.

Ça peut sembler anodin, mais dans les dernières années, avec la montée en popularité du Casino de Montréal et du Casino Lac-Leamy, c’est relativement rare au Québec.

En fait, si on recule depuis la pandémie de 2020, seuls quelques boxeurs ont accompli l’exploit. On parle notamment d’Artur Beterbiev, Jean Pascal, Christian Mbilli, Arslanbek Makhmudov et Kim Clavel. Ceux-ci étaient tous des boxeurs établis, pour la plupart des anciens, actuels ou futurs champions mondiaux.

Ces boxeurs frôlaient tous la trentaine, voire la trentaine avancée. Même qu’aucun n’évoluait chez les professionnels à l’âge à laquelle – 21 ans et 5 mois – Wilkens Mathieu montera dans le ring ce jeudi.

Ça ne veut pas dire qu’il remplira le Stade olympique dans cinq ans, mais du moins, c’est très prometteur…

Photo: EOTTM – Wilkens Mathieu

Et le combat?

Mais pour en revenir à ce fameux combat principal, c’est également son intrigue qui le rend si vendeur.

On parle des 21 ans de Wilkens Mathieu, mais plusieurs croient qu’il brûle les étapes en affrontant Esquiva Falcao, un médaillé olympique qui a uniquement été vaincu par un champion mondial et un champion olympique…

«Wilkens Mathieu, lui, a tout à gagner et rien à perdre — sauf peut-être l’étiquette d’un homme pressé», a indiqué Laurent Poulin, de Boxingtown Québec.

Ce dernier compare d’ailleurs le combat Mathieu-Falcao aux duels Lemieux-Rubio et Butler-Cook dans lesquels l’expérience manquante damnât le pion des Québécois.

«Si la boxe québécoise a appris quelque chose de ses fantômes, c’est que le talent seul ne suffit pas à 21 ans. Mais si Mathieu a raison… jeudi soir au Capitole, on pourrait assister à quelque chose de rare: un boxeur qui brûle les étapes sans se brûler les ailes», a ajouté l’animateur du podcast Laurent s’écoute parler.

Photo: Jeff Lockhart – Wilkens Mathieu vs Shakeel Phinn

Québec vs Colombie

L’enjeu sera également énorme en demi-finale, ou plutôt lors de la deuxième finale qui opposera la Québécoise Leïla Beaudoin (14-2, 2 KO) à la Colombienne Paulina Angel (7-2-2, 3 KO) dans un combat de championnat mondial intérimaire WBA des poids super-plumes.

D’ailleurs certains étaient surpris de voir Angel se retrouver en championnat mondial. Sa fiche n’est pas énorme… et elle revient d’une défaite… mais il ne faut pas trop s’y fier!

«Elle possède une certaine force de frappe qui a, entre autres, surpris la championne WBA des légers Stephanie Han en 2025, avec un knock-down au 1er round», a raconté l’experte de boxe féminine, Marie-Eve Albert, du podcast 120 Secondes.

De retour dans sa catégorie naturelle, où elle est d’ailleurs toujours invaincue, championne d’Amérique latine et classée au 6e rang mondial, Angel ne sera donc pas à prendre à la légère.

«Chez les amateurs, Paulina était une bonne boxeuse. Elle l’est aussi chez les professionnels, mais contrairement à Leïla, elle n’a pas une aussi bonne équipe de travail. Sa fiche aurait pu être meilleure si elle avait un aussi bon promoteur, et même si elle a de bons entraîneurs, ils n’ont pas les mêmes ressources qu’au Canada. Ça pourrait jouer en la faveur de Leïla, mais ça reste un bon combat. Le Québec et la Colombie, ça peut seulement donner un bon combat en fait», m’a souligné le Colombien favori de Montréal, Jhon Orobio, lui qui connaît bien les deux boxeuses.

Photo: Fightmag – Stephanie Han vs Paulina Angel 

«Un gars dangereux»

Également en action: l’aspirant du top-10 mondial des mi-lourds, Mehmet Unal (15-0, 13 KO) défendra ses titres continentaux WBC et WBA face à l’ancien champion de kick-boxing Yoann Kongolo (18-3-1, 7 KO).

Ceux qui connaissent le kick-boxing se souviendront de la carrière de Kongolo, lui qui a longtemps combattu pour Glory, la plus grande organisation du sport, qui a notamment vaincu le populaire combattant français Cédric Doumbé et affronté la légende Nicky Holzken.

En boxe, son parcours est moins grand, mais en 22 combats, Kongolo a toujours démontré de l’endurance et de la robustesse. C’est un ‘tough’… et contre Mehmet Unal, c’est sans doute ce qui est le plus important.

«J’ai mis les gants avec tous les gars du gymnase et, honnêtement, moi, le seul que je n’affronterais pas, c’est Mehmet», m’a déjà dit Moreno Fendero, disant qu’Unal cognait non seulement «très dur», mais qu’il lançait aussi «des coups bizarres» au moment où tu ne t’y attendais pas…

Photo: Vincent Ethier – Mehmet Unal

Et le soldat…

Justement, Moreno Fendero (14-0, 10 KO) sera également de la partie pour défendre son titre continental WBC des poids super-moyens face à l’olympien Jonathan Gonzalez-Ortiz (21-1-1, 17 KO).

Malgré sa réputation de puissant cogneur, les deux derniers combats de Fendero ont atteint la limite des 10 rounds… Mais voici ce que le chroniqueur de Punching Grace, Nathan Décarie, avait à dire de cela.

«Moreno est réputé pour sa force de frappe et il a habitué les Montréalais à des KO percutants par le passé. Cependant, ses deux derniers adversaires l’ont fait travailler plus fort. Mais ça arrive à la boxe, et c’est une opportunité de s’améliorer et d’apprendre. Si lui et Marc Ramsay ont apporté les ajustements à leur plan de match, le Français peut être un très grand danger pour les super-moyens.»

Face à un boxeur qui s’est fait mettre KO au premier round face à Edgar Berlanga, on pourrait penser que Moreno pourrait, en effet, «être un très grand danger».

Mais l’inverse est aussi vrai, pour citer le proverbe de Laurent Poulin: «on n’obtient pas 17 KO en 23 combats en faisant des minouches.»

Photo: Vitor Munhoz – Moreno Fendero (à gauche)

D’ailleurs, même s’il croit que Gonzalez-Ortiz a quelque peu perdu de sa «superbe» depuis les Jeux olympiques de Beijing (2008), le chroniqueur note tout de même que le Porto Ricain sera le premier véritable cogneur qu’affrontera Fendero.

Bref, la seule vraie surprise, ce serait qu’il n’y ait pas de KO…

Allez demander à Roy…

Enfin, dans ce qui sera le 5e combat de championnat de la soirée, le fantôme de Thetford Mines, Thomas Chabot (12-1, 8 KO) affrontera la fierté de Querétaro, Jose Antonio Sampedro (13-2-1, 7 KO), dans un duel d’espoir tentant de devenir aspirant en mettant la main sur le titre continental vacant du WBC chez les poids plumes (126 lb).

Si vous voulez savoir si Sampedro est un bon défi pour Chabot, posez la question à Roy Jones Jr. À son dernier combat, le boxeur mexicain a surpris le protégé du légendaire boxeur devenu entraîneur et promoteur en faisant match nul avec l’invaincu Dominique Roundtree (10-0-1, 6 KO) à Washington.

Et même si les juges américains ont donné un match nul au Mexicain, aux États-Unis, plusieurs spectateurs l’avaient gagnant…

L’histoire se répétera-t-elle à Québec?

Pour le découvrir : rendez-vous sur Punching Grace, alors que les espoirs Erik Israyelyan (5-0, 3 KO) et Daylen Pepin (2-0) seront également sur la carte pour débuter le programme de sept combats et cinq championnats dès 18h30! Et pour entrer directement dans l’action, faites vos jeux et téléchargez Mise-o-jeu+ dès maintenant!

Photo: Vitor Munhoz – Thomas Chabot, au centre