J’avais raté la présentation de La Reconstruction, la série documentaire produite par Fairplay.
Je me suis rattrapé la semaine dernière grâce à la diffusion de la deuxième série à RDS.
C’est très bien fait. Pour avoir travaillé avec le producteur Guy Villeneuve sur la grande série de huit heures Canadien-Nordiques, La Rivalité, je ne m’attendais pas à moins. Le projet de La Reconstruction était déjà dans ses cartons quand nous avons terminé La Rivalité.
Il y a une différence importante entre les deux projets. La ligne historique guidait recherches et production dans le grand documentaire sur les Rouges et les Bleus. Alors que La Reconstruction, si c’est du travail bien léché, frôle la grosse propagande et la manipulation à plusieurs reprises.
Mais dans la vie moderne, si on veut avoir accès aux joueurs et aux dirigeants d’une organisation aussi puissante que le Canadien, faut que tu signes un pacte avec le diable. Autrement dit, il n’y a pas une image que j’ai vue pendant ces heures passionnantes qui n’a pas été approuvée par les dirigeants du Canadien. Faut toujours en rester conscient.

Photo: NHL.com – Nick Suzuki
Tout est mis en œuvre pour vendre les joueurs et surtout le plan de marketing du Canadien. Faire aimer une équipe perdante. Le responsable du marketing Jon Trzcienski opère à l’écran comme un chirurgien. Il découpe le gras pour aller à l’essentiel. Assommer le fan d’émotions avec une précision…chirurgicale. Il ne semble pas dire un mot de français et tout se passe en anglais quand il est à l’écran mais les décisions semblent donner de bons résultats.
Cela dit, le réalisateur André St-Pierre a fait du très bon travail dans les circonstances. Et la productrice Karine Proulx s’est dépatouillée comme une championne dans cet environnement contrôlé.
C’est en regardant ce long documentaire supervisé et approuvé par l’Organisation qu’on réalise à quel point on ne sait rien de ce qui se passe chez votre CH et surtout à quel point on ne connaît plus les joueurs de votre équipe par les médias traditionnels. C’est invraisemblable que tant de journalistes ne vous en apprennent si peu.
J’ai aimé voir Nick Suzuki dans ses interactions avec ses coéquipiers. J’ai réalisé à quel point le grand Juraj Slafkovský était un acteur animé dans le groupe et j’ai découvert la grande timidité de Jake Evans. Et l’immense peine de Brendan Gallagher quand il a perdu sa mère.

Photo: Jeff Gorton et Kent Hughes
J’ai beaucoup, beaucoup aimé la présence et l’ascendant de Martin St-Louis dans le vestiaire. Et très honnêtement, je n’aurais pas écrit de meilleures tirades pour Jacques Mercier ou Marc Gagnon. Il est très bon et très inspirant.
Cela dit, plein de détails révèlent qui sont les vrais décideurs chez le CH. Il y a des postes qui ont été créés pour satisfaire les pressions sociales exercées par les médias. Le Canadien doit encore offrir une image francophone à la population. À cause de son histoire et de son rôle.
France-Margaret Bélanger écrase par sa présence dès qu’elle se retrouve à l’écran même quand elle n’intervient pas directement dans la séquence filmée.
Et le vrai boss du département hockey, celui qui respire la game et qui tranche quand vient le temps de prendre une décision importante, c’est Jeff Gorton. C’est clair et indiscutable.
Et Kent Hughes est le chaleureux qui réconforte les joueurs et vend la salade aux médias.
Une série documentaire très intéressante.
Photo: Hockey30 – Michel Bergeron
ATTACHANT MICHEL BERGERON
C’était la semaine de rattrapage. TVA Sports présentait en reprise la série sur Michel Bergeron. J’ai beaucoup aimé. Mais comment ne pas aimer le petit Tigre?
Évidemment, puisque je connais Bergie depuis la fin des années 70, beaucoup d’éléments m’étaient familiers. Mais les angles retenus, par exemple l’entrevue avec Phil Esposito, ont bien éclairé ce personnage hors-norme. Et comment ne pas aimer Michèle, sa patiente et aimante épouse ? Elle m’a accueilli de nombreuses fois à leur maison.
Le réalisateur Félix St-Jacques a également recueilli les confidences de Guy Lafleur. Le visage enflé à cause des médicaments mais le sourire du cœur intact.
Du bon travail.
Et pour finir ma récupération sur le sofa, j’ai revu le documentaire Senor Jhon Orobio qui raconte l’arrivée à Montréal et l’enfance dans les quartiers dangereux de la Colombie, du jeune Jhon Orobio.

Photo: Jhon Orobio
J’aime la productrice Julie Bertrand, j’aime la co-productrice Emanuelle Estephan, j’aime le réalisateur François Coulombe-Giguère et j’aime Orobio, ce jeune homme chaleureux qui devrait se hisser parmi les 10 meilleurs au monde avant l’été.
Vous trouverez le documentaire sur Punching Grace et sans doute sur le site de TVA.
BRIGITTE BARDOT : LE QUÉBEC A PERDU UN CURÉ !
Brigitte Bardot est morte hier. Même dans mes années de Formule 1, je n’ai jamais rencontré BB.
Mais, elle a joué un rôle important dans ma vie. En 1958, quand l’évêque de Chicoutimi a enfin autorisé le cinéma Capitol de présenter Et Dieu créa la femme, j’ai profité du congé du jeudi après-midi pour me faufiler dans le cinéma.
Je n’avais que 14 ans et l’âge limite était de 16 ans mais j’étais grand et costaud. J’ai regardé Brigitte, le souffle coupé et en sortant du cinéma, tous les efforts de ma grand-mère et des curés du Petit Séminaire pour que je devienne prêtre à la fin de mon cours classique, avaient été anéantis.
Je partirais à la recherche des Brigitte Bardot de ce monde.
Jusqu’à ce que je trouve JB…
Photo: New York Times – Brigitte Bardot