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Christian Mbilli : le Canadien de classe mondiale

Noé Cloutier - Punching Grace

Photo : Vincent Ethier – Au fil des ans, Christian Mbilli n’a pas que conquis le cœur des Québécois, il en est devenu un lui-même.

Christian Mbilli a déjà 25 combats à son compteur professionnel, mais le 13 janvier prochain, face à Rohan Murdock, il en sera officiellement à son tout premier en tant que citoyen du pays dans lequel il s’est battu 13 fois, le Canada.

« Je pense que pour tout immigré, c’est important d’avoir la nationalité d’où on vit. Ça permet d’avoir de plus grands droits, mais aussi de plus grands devoirs », explique le Montréalais qui peut notamment aller voter depuis le 10 octobre dernier.

En ce jour d’automne, il a fait son serment d’allégeance et a récité avec succès l’hymne national. La cérémonie était malheureusement en visioconférence, une pratique courante depuis la pandémie… mais dans tous les cas, l’objectif fut atteint, car Mbilli est officiellement chez lui, dans les sens du terme.

« Je me sens bien ici, c’est un beau pays où les gens sont sympas’. Il y a une belle culture, une belle diversité et surtout une grande ouverture… Après ça, l’hiver, c’est sûr que c’est le côté un peu plus difficile! », énumère-t-il avec sourire, le 31 octobre, au lendemain d’une première neige qui l’a surpris comme chaque année.

Je me souviens

En janvier prochain, « Solide » célébrera ses sept années au Québec. Il ne pourra toutefois pas abuser de la tourtière dans le temps des Fêtes, non, car de plus grandes festivités l’attendent le 13 janvier. Son duel face à Rohan Murdock sera présenté en demi-finale du combat de championnat mondial opposant Artur Beterbiev à Callum Smith, au Centre Vidéotron, où près de 10 000 personnes sont attendues.

Le défi est de taille. Murdock figure 9 e au classement mondial de l’IBF et a remporté 27 de ses 29 combats. Volontairement ou non, Christian Mbilli cite même la devise du Québec en pensant à son adversaire. « ‘Je me souviens’ qu’il faisait parler beaucoup de lui il y a quelques années et qu’après ça, il est toujours resté dans les classements. J’ai vu des vidéos de lui. C’est un adversaire assez rapide, il a de très bonnes qualités techniques, une boxe un peu classique, qui feinte beaucoup avec les mains basses. C’est un gars qui aime un peu faire le show, alors je pense que ça va donner un très bon combat », soutient l’aspirant #1 à la WBC, débutant tout juste sa préparation, à l’aube du mois de novembre, à l’Académie de boxe Ramsay.

Taxe de bienvenue

Pour citer la devise du Canada, « d’un océan à l’autre » de la planète boxe, le nom de l’Australien a navigué un peu partout. Il fut associé à André Ward et même Erik Bazinyan, sans que cela n’aille plus loin. Prenant son mal en patience, il enchaîna 22 victoires et subit finalement sa seule défaite de la décennie face à Zach Parker, alors invaincu, dans un combat éliminatoire. Pour Murdock, c’est donc retourner à cette étape, où en 2020, il était à une victoire près d’un combat de championnat du monde.

Du côté de Mbilli, c’est d’y accéder, car il comprend bien que pour l’affronter, les Canelo de ce monde n’auront pas le choix d’y être obligés. Cette réalité, il la résume très bien : « me combattre, c’est se faire casser la gueule pour pas grand-chose », expliquait-il récemment au journal Ouest-France. Avec donc deux boxeurs dans le même bateau, comme l’a confié l’entraîneur Marc Ramsay, les négociations « n’ont pas traîné » en vue du choc du 13 janvier.

Quand cette date arrivera, toutefois, le citoyen canadien remettra son habit de boxeur de classe mondiale. L’accueil chaleureux « typique des Québécois », le natif du pays des kangourous peut l’oublier. C’est avec des poings issus du Cameroun, forgés en France et aiguisés au Canada que Murdock sera reçu par Mbilli. Vous savez, après plus de six ans au Québec, sa « taxe de bienvenue » comme il aime l’appeler.

Au compte de 10

Pour clore avec la culture, Christian Mbilli n’est peut-être pas encore un grand amateur de hockey, mais il possède plusieurs autres coups de cœur. Son restaurant favori? Le Monarque, sur rue Saint-Jacques de Montréal. La meilleure poutine est selon lui à Ma Poule Mouillée sur le Plateau Mont-Royal. Pour s’habiller? La chaîne de boutique québécoise Simons est généralement son premier choix. Et puis, pour se défouler, « c’est bien mieux » de sacrer en Québécois. Si vous voulez l’entendre, demandez-lui son opinion sur la plus récente tempête de neige…

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