Je me rappelle mes nombreuses discussions avec Régis Lévesque au déli Beaubien. Entre deux bouchées de smoked meat, le coloré promoteur m’enseignait l’art de promoter. Il me répétait souvent l’adage suivant:
« Si un boxeur vient battre un de tes protégés, ramène-le tant qu’il gagne. L’histoire va se raconter toute seule : un promoteur colérique veut sa revanche. »
C’est à Régis que j’ai pensé ce matin en apprenant qu’EOTTM ramenait, pour une troisième fois, le boxeur suisse Ramadan Hiseni afin de l’opposer à Steven Butler.
« Hiseni représente un grand risque, je le sais mieux que personne. Pour moi et EOTTM, c’est un combat revanche, mais pour Steven, c’est sa chance de prouver qu’il est un aspirant sérieux chez les super-moyens », a confié Estephan.

Photo: Bernard Brault – Ramadan Hiseni
Ramadan Hiseni : le boxeur de Zurich
L’heure de la revanche sonnera-t-elle enfin pour EOTTM ? Le boxeur de Zurich est venu ici livrer un combat nul (il méritait la victoire) face à Shamil Khataev, avant d’ajouter l’insulte à l’injure en battant décisivement Alexandre Gaumont, chez lui, à Gatineau.
Ramadan Hiseni ne s’en cache pas : il aimerait décrocher un contrat avec Eye of the Tiger Management. Il sert de partenaire d’entraînement à Osleys Iglesias et il est encore en santé… c’est déjà un exploit en soi.
« Comme pour Khataev et Gaumont, mon état d’esprit est le même : veni, vidi, vici. Je m’attends à ce que le résultat soit également le même. Aux fans de boxe du monde entier, je promets un combat de haut niveau et, surtout, je promets la victoire le 5 mars », a déclaré Hiseni, qui compte déjà quatre combats chez les super-moyens.

Photo: Bernard Brault – Ramadan Hiseni vs Alexandre Gaumont
Commentaire éditorial de l’auteur
J’adore le choix d’adversaire pour Steven Butler. Hiseni coche plusieurs cases : déjà connu du public québécois, il permettra en prime de comparer Gaumont et Butler en vue, qui sait, d’un éventuel affrontement. Une victoire décisive replacerait Butler dans les classements mondiaux.
Ramadan Hiseni s’inscrit parfaitement dans cette lignée de trouble-fêtes. Il n’est pas là pour faire du nombre ni pour embellir une fiche. Il vient pour gagner, encore, et forcer EOTTM à régler un compte qui traîne depuis trop longtemps. Pour Steven Butler, c’est un test sans filet, mais aussi une occasion en or : battre un homme que personne n’a réussi à faire taire
ici.
J’ai fouillé dans ma mémoire pour retrouver quelques boxeurs venus jouer les trouble-fêtes à répétition au Québec.

Photo: Rappeler – Ricky Sismundo
Ricky Sismundo : Chocolate Hills Mondo Harada
Je me demande encore où Stéphane Loyer a bien pu dénicher celui-là. J’étais au Métropolis en mai 2016 quand tous nos Québécois voguaient, sans trop de difficultés, vers des victoires. Puis est arrivé le petit Sismundo. Je n’en revenais pas. Il a envoyé l’aspirant mondial de l’époque deux fois au tapis au quatrième round, en plus de fermer l’œil gauche de Dierry Jean en milieu de combat. Les juges se sont fait chahuter en rendant un verdict nul.
Cinq mois plus tard, il battait sans trop de difficultés Ghislain Maduma au Casino de Montréal. Le Philippin avait alors 29 ans et pouvait se vanter d’avoir envoyé au tapis Dierry Jean à deux reprises et Ghislain Maduma une fois, chez eux, à Montréal.
C’est Yves Ulysse qui a réglé le problème pour EOTTM l’année suivante, avec un sans-faute.

Photo: Facebook – José de Jesús Macias vs Steven Butler
José de Jesús Macias : El Changuito
Un autre paquet de trouble, mais l’histoire est différente. Sa première présence se solde par une défaite face à Mikael Zewski. La légende urbaine, ensuite démentie, voulait qu’il ait brisé la mâchoire du Trifluvien. La même année, en 2018, il revient battre Francis Lafrenière aux juges, avant d’attendre trois ans pour passer un violent KO à Steven Butler.
Plus récemment, il s’est fait vaincre par Erik Bazinyan, et Butler a pris sa revanche.
Les poids lourds de Californie : Avery Gibson
Vincent Morin, dans sa qualité de matchmaker, me disait toujours : « Si j’ai un poids lourd avec de l’ambition à faire boxer, je loge un appel en Californie. »
Ce Gibson n’était pas un adversaire normal. On l’avait connu aux Séries mondiales de boxe, où il avait résisté à Prince Charles Martin, Joe Joyce et Junior Fa. Une fois chez les pros, on l’amène pour une première fois au Canada face à Bogdan Dinu. Il subit une défaite, mais revient vaincre Didier Bence, puis fait un combat nul contre Eric Martel Bahoeli.
Une vraie brute, qui n’a subi qu’une seule défaite par KO, aux mains d’Arslanbek Makhmudov.

Photo: Facebook – Avery Gibson vs Didier Bence
Dans le podcast
Je ne déteste pas du tout l’idée d’opposer Isaac Chilemba à Lenar Perez. Pour une première du Cubain à Montréal, on obtient un adversaire connu du grand public, qui a fait la limite avec Osleys Iglesias. Ça permettra de revoir un visage familier dans la métropole.
Jordan Mathieu travaille fort pour donner des rondes à Jhon Orobio. Son adversaire, Yomar Alamo, a fait la limite avec Liam Paro, Jamaine Ortiz et Breyon Gorham. Il aura certainement quelques petits trucs pour étirer le combat très loin en mars prochain.
On se rapprocherait aussi d’une annonce pour un éventuel combat entre Arslanbek Makhmudov et Tyson Fury. Notre Lion vient-il de frapper le billet gagnant pour devenir millionnaire, et pourquoi pas surprendre le Gypsy King en le battant ? Tyson vieillit, n’est pas toujours en forme… j’aime croire en nos chances.