C’est à Québec que Leïla Beaudoin a fait ses débuts professionnels en 2017, au complexe Capitaine Hélicoptère. C’est dur à oublier pour moi : ce fut ma seule soirée comme analyste de boxe sur Punching Grace. On m’a expliqué poliment que ma voix était meilleure à l’écrit.
Je me rappelle avoir jasé avec Leïla entre deux hélicoptères. Elle était à mi-chemin entre le stress d’avant-combat et le bonheur d’être là où elle voulait être dans la vie. J’ai découvert une femme gentille et drôle ce soir-là.
Après sa victoire face à Tereza Dvorakova par décision unanime, je me rappelle m’être dit dans ma tête : elle aura une belle carrière et pourra se battre avec d’autres Canadiennes avant de se retirer. Comme ça m’arrive à peu près tout le temps, je me suis trompé comme recruteur de boxe.
Leïla a bien paru en faisant la limite et en gagnant au passage trois rounds face à la meilleure boxeuse au monde, Alycia Baumgardner (j’exclus Claressa Shields, meilleure boxeuse de l’univers et ailleurs).
« Je me sens reconnaissante pour tellement de raisons. Retourner en championnat du monde aussi rapidement est déjà assez incroyable, mais de pouvoir le faire, pour la première fois, chez moi, devant mon monde, c’est autre chose. Je sais que beaucoup de gens seront derrière moi pour me soutenir, et je compte les remercier en remportant mon premier titre mondial le 11 avril », a déclaré l’athlète du Bas-Saint-Laurent, Leïla Beaudoin.
Photo: MVP – Alycia Baumgardner vs Leila Beaudoin
Ce soir, elle retourne en championnat du monde face à la Colombienne Paulina Ángel (7-2-2, 3 KOs). Le titre WBA intérimaire est en jeu.
Ce qu’il faut savoir sur Ángel
Paulina Ángel est une jeune boxeuse avec un bon menton, qui aime particulièrement les combats rythmés et qui avance constamment sur l’adversaire. Elle possède une certaine force de frappe qui a, entre autres, surpris la championne WBA des légers Stephanie Han en 2025, avec un knockdown au 1er round. Contre Ángel, on doit contrôler l’espace et le rythme, garder les mains hautes et privilégier un travail technique plutôt que la bagarre. Ce sont les clés pour bien réussir face à la Colombienne. — Marie-Ève Albert, Podcast 120 secondes
Ángel vient d’Antioquia, en Colombie, près de Medellín. Elle est passée par un programme de la WBA nommé « Future of Colombian Boxing ».
Sur le ring, elle est très offensive et énergique. Elle travaille derrière son jab et lance énormément de coups. Je dirais que c’est une pressure fighter qui, à 24 ans, doit encore améliorer sa technique de boxe.
C’est une prospect crédible, produite par la WBA, mais qui n’a pas encore atteint les plus hauts niveaux. C’est d’ailleurs l’objectif qu’elle souhaite réaliser en battant Leïla Beaudoin.
Photo: Fightmag – Stephanie Han vs Paulina Ángel
Le verdict de l’auteur
C’est l’ultime test de maturité pour Leïla Beaudoin. Si elle boxe son combat, gère la pression et l’agressivité de son adversaire, moins expérimentée qu’elle, elle a tout ce qu’il faut pour passer.
J’aurais appelé ce combat : pression latine vs rigueur québécoise. Ou encore : le combat entre le contrôle et le chaos.
Le 11 juin à Québec, Leïla Beaudoin devra imposer sa gestion de la distance, son jab et sa lecture du rythme face à la pression constante de Paulina Ángel.
Si elle contrôle le centre, casse les entrées et neutralise le volume, le combat lui appartient.
Sinon, c’est le type d’adversaire qui transforme un plan de match en chaos organisé.

Photo: MVP – Leila Beaudoin