Le 11 avril 2026, à Londres, Tyson Fury effectuera son retour sous les projecteurs du Tottenham Hotspur Stadium. L’événement sera présenté sur Netflix devant des millions de téléspectateurs. Officiellement, c’est son combat. Mais officieusement, c’est peut-être l’occasion de Arslanbek Makhmudov de bouleverser l’ordre établi et de jouer les troublés fêtes.
Parce que ce genre d’opportunité, dans une carrière, ne se présente qu’une seule fois. Et quand elle arrive, il n’y a pas de réflexion à avoir.
Makhmudov sort de moments difficiles. Ses revers ont ralenti son ascension, fait douter certains, confirmé les sceptiques. Mais dans ce sport, la mémoire est courte et une seule performance peut tout effacer. Quand Fury l’a choisi pour son retour après plus d’un an d’absence, la décision était déjà prise. On ne refuse pas ce genre d’appel. On signe, et on avance.
Sur le plan purement technique, le constat reste le même : Fury est supérieur. Plus complet, plus intelligent, plus adaptable. Pendant des années, il a été un casse-tête insoluble, capable de neutraliser n’importe quel style. Mais la version actuelle du “Gypsy King” n’est plus tout à fait celle d’avant.

Photo: BBC – Tyson Fury vs Arslanbek Makhmudov
Il y a eu des signes. Pas des impressions, des signes, des faits.
On se souviendra que face à Francis Ngannou, il a été envoyé au tapis et a paru désorganisé. Contre Deontay Wilder, à chacun de ses trois combats, il a dû survivre à des moments critiques. Plus récemment, Oleksandr Usyk l’a battu deux fois, et lui a donné un compte, exposant ainsi une certaine usure. La coquille de l’œuf est fendue, il a de plus en plus de difficultés à encaisser et à récupérer qu’avant. Il y a plusieurs années, un boxeur comme Steve Cunningham avait déjà réussi à le faire chuter.
Fury n’a jamais été mis KO certes. Mais il a été touché. Ébranlé. Mis en danger.
Et c’est là que le nom de Makhmudov devient intéressant.
Parce que lui n’a pas besoin de dominer un combat pendant douze rounds. Il lui suffit d’un instant. Sa puissance est réelle, lourde, difficile à ignorer. Plusieurs de ses adversaires n’ont pas simplement perdu… ils ont été pulvérisés au pays des rêves.

Photo: The Independent – Arslanbek Makhmudov vs Dave Allen
Et ceux qui l’ont partagé le ring le disent sans détour. Après l’avoir affronté, Dave Allen avait résumé l’expérience ainsi :
« Il frappe plus fort que quiconque j’ai affronté. »
Dans une division comme celle des poids lourds, ce genre de déclaration n’est jamais anodin.
Parce qu’au fond, la réalité est simple : un seul coup peut tout changer.
C’est ce qui rend ce combat plus dangereux qu’il n’en a l’air. Fury reste le favori, et à juste titre. Son expérience, sa gestion du rythme et sa capacité à lire un adversaire devraient, en théorie, lui permettre de contrôler l’affrontement. Mais il revient d’une longue pause, avec du kilométrage dans le corps et des combats exigeants derrière lui.
Dans ce contexte, la marge d’erreur se réduit.
La majorité des analystes accordent toujours l’avantage à Fury pour son intelligence sur le ring et sa capacité à dicter la distance. Cependant, beaucoup s’entendent pour dire que ce combat est extrêmement dangereux pour le Britannique. Makhmudov est décrit comme un adversaire « tricky » et intimidant qui ne vient pas pour faire de la figuration, mais pour livrer une guerre

Photo: Boxing News 24/7 – Tyson Fury vs Oleksandr Usyk
Alors, est-ce qu’un coup de tonnerre est possible?
Oui. Bien entendu… surtout en boxe!
Pas parce que Makhmudov est plus complet. Il ne l’est pas. Mais parce qu’il possède ce que même les meilleurs ne peuvent totalement neutraliser : une puissance capable de renverser un combat en une seule frappe.
Et dans une division où l’histoire a déjà basculé sur un seul coup, comme lorsque Buster Douglas a surpris Mike Tyson, il serait imprudent d’écarter complètement cette possibilité.
Fury contrôle le scénario.
Makhmudov, lui, peut le faire exploser.
Et parfois, c’est suffisant pour changer l’histoire.

Photo: Vitor Munhoz – Arslanbek Makhmudov et Samuel Décarie-Drolet