Il y a des boxeurs qui avancent vite.
Et il y a ceux qui avancent bien.
Wilkens Mathieu appartient à la deuxième catégorie, avec une précision importante: il avance bien tout en étant spectaculaire. Et c’est précisément pour cette raison qu’il faut le gérer intelligemment.
Quand je me glisse dans la peau du gérant, je ne cherche pas le hype à court terme ni le sensationnalisme. Je cherche la cohérence. La progression logique. Une lecture froide du talent, du marché et du timing. À la fin de la journée, il y a aussi un côté business, et l’investissement doit devenir rentable.
Avec Wilkens Mathieu, le mot d’ordre est simple : une étape à la fois, sans jamais étouffer ce qui le rend attrayant pour les fans.
LE PROFIL
Le boxeur originaire de la Vieille Capitale, Wilkens Mathieu, n’est pas un boxeur ordinaire.
Grand, long, posé, il est capable de boxer à distance comme de s’imposer physiquement. Il comprend ce qu’il fait et, surtout, il le fait bien.
Wilkens est naturellement spectaculaire. Il n’a pas besoin d’en rajouter. Sa boxe est fluide, ses coups sont propres, son contrôle du ring est clair. Les fans comprennent ce qu’ils regardent — et ils aiment ça.
C’est une qualité qu’il faut cultiver, pas brider.
Parce qu’un boxeur trop sécuritaire devient invisible. Et un boxeur invisible, même talentueux, n’avance pas. Mon rôle de gérant imaginaire est donc clair:
-le faire progresser
-le faire gagner
-le faire connaître
Un boxeur qui progresse tout en livrant des combats intéressants devient rapidement un produit vendeur. Et un produit vendeur obtient de meilleures opportunités.

Photo: EOTTM – Wilkens Mathieu vs Shakeel Phinn
Idéalement, j’aimerais faire de Wilkens Mathieu une sorte de Lucian Bute, la coqueluche des Québécois.
LE CONTEXTE
Wilkens évolue dans une catégorie où le bassin québécois disponible pour l’affronter est limité, mais où le marché international est riche en profils utiles. Des boxeurs solides, imparfaits, parfois dangereux; exactement le genre d’adversaires qui forgent un vrai professionnel, capable de durer dans le temps.
Pas question de gonfler une fiche.
Pas question non plus de le jeter aux loups.
On bâtit. Et on bâtit en pleine conscience de l’image qu’on construit.
COMBAT 1: LE VÉTÉRAN MALIN
Le dernier combat de Mathieu contre Shakeel Phinn allait déjà dans ce sens. Phinn a prouvé dans le passé, notamment face à Erik Bazinyan, qu’il savait compliquer la vie d’un favori.
Mais je viserais une coche plus haut. Une coche plus inconfortable.
Un vétéran rusé, avec trop de rounds pour paniquer, mais plus assez de jambes pour dominer. Un boxeur qui casse le rythme, accroche, parle, triche juste assez pour tester la discipline mentale.
Dans l’esprit de:
-Gabriel Rosado (28-17-1, 16 KO)
-Vaughn Alexander (19-18-2, 12 KO)
-Derrick Findley (36-31-1, 25 KO)
Photo: Democrat and Chronicle – Gabriel Rosado vs Willie Monroe Jr
Objectif clair:
Voir si Wilkens peut imposer son plan A sans perdre son calme ni son identité quand ça résiste.
Victoire aux points serrée ou arrêt tardif: les deux font le travail.
Ce qui compte, c’est ce qu’il apprend — et ce que le public voit.
COMBAT 2 : LE PUNCHER IMPARFAIT
Ensuite, il faut du danger réel.
Le combat idéal serait contre Steven Butler, mais je serais surpris que ce combat se concrétise.
Ça nous prend donc un boxeur avec une main lourde, des défauts évidents, mais une vraie capacité à changer un combat en une fraction de seconde.
Pourquoi?
Parce que Wilkens doit apprendre à respecter la puissance sans la craindre, à rester spectaculaire sans devenir imprudent.
C’est le combat où le coin travaille autant que le boxeur.
Où chaque round devient une leçon de gestion du risque.
Des options crédibles:
-Abraham Gabriel Buonarrigo (15-5, 12 KO)
-Aaron Silva (16-1, 13 KO)
-Raul Isaias Salomon Pantoja (15-3-1, 13 KO)
Photo: Linkedin – Aaron Silva vs Alexis Espino
S’il passe ce test, on commence à savoir exactement ce qu’on tient, sportivement et commercialement.
COMBAT 3: LE MIROIR
Le combat que j’adore comme gérant.
Sensiblement le même âge.
Sensiblement le même gabarit.
Fiche comparable.
Pas une vedette. Pas un faire-valoir. Un miroir.
Un jeune prospect affamé, qui veut prouver que c’est lui qui mérite de flirter avec les grandes scènes.
Ce genre de combat ne ment jamais. Il révèle le vrai niveau, le plafond réel et surtout l’appétit pour la suite.
Des profils comme:
-Eric Murgia (19-1, 16 KO)
-Junior Younan (22-0-1, 14 KO)
-Da’Velle Smith (14-0, 9 KO)
Photo: Da’Velle smith vs William Townsel
C’est après ce combat qu’on décide si Wilkens est encore en phase de développement… ou s’il est prêt à être projeté vers des scènes plus grandes.
LA PHILOSOPHIE
Avec Wilkens Mathieu, la pire erreur serait de vouloir aller trop vite.
La meilleure décision, c’est de le rendre incontournable.
Un boxeur intelligent, spectaculaire, bien entouré et bien matché finit toujours par forcer les portes.
Pas par le scandale.
Pas par les raccourcis.
CONCLUSION: LE TEMPS BIEN INVESTI
Dans la peau du gérant, je ne vends pas des promesses vides.
Je vends du temps bien utilisé et une progression rentable.
Wilkens Mathieu a quelque chose que beaucoup n’ont pas :
-La capacité de durer
-L’intelligence pour devenir un vrai produit de boxe
En boxe, durer, c’est déjà gagner.
Mais durer en attirant les fans, c’est gagner deux fois.