Je ne vois pas les années en mois et en semaines comme dans le calendrier romain. Les années qui passent servent plutôt à répondre à des questions qui chicotent dans ma tête à propos de la boxe québécoise.
EOTTM peut-il rivaliser avec Top Rank dans l’avenir? Yvon Michel deviendra-t-il un gérant plutôt qu’un promoteur? Et Mike Moffa est-il en train de se partir une armée dans ses temps libres? Ça, ce sont les questions pour 2026. En attendant, voici les événements qui ont marqué mon année 2025 en boxe au Québec.
L’heure est au bilan.
10 – Victoire et grossesse pour Kim Clavel
Kim Clavel a eu une année riche en émotions, autant sur le plan sportif que personnel. Elle est redevenue championne du monde avec un sans-faute face à Sol Cudos et, au moment d’écrire ces lignes, on apprend qu’elle mettra au monde en juin 2026. C’est la magie des Fêtes. Une ceinture et un bébé : Kim Clavel n’oubliera pas 2025 de sitôt.

Photo: Vincent Ethier – Kim Clavel
9 – Christian M’Billi est devenu un incontournable
Maciej Sulecki venait de passer le KO à Ali Akhmedov quand il est venu à Québec pour tenter de gagner le titre WBC intérimaire face à notre boxeur français. Solide, M’Billi l’a complètement démoli — c’est un exploit. Ensuite, il a participé à l’un des meilleurs combats de l’année face à Lester Martinez, en demi-finale du combat Terence Crawford contre Saul Alvarez. Aujourd’hui, il est l’un des favoris de Turki Alalshikh. On annoncera son combat pour le titre WBC régulier des 168 livres dans les prochains jours. M’Billi a profité de 2025 pour devenir une superstar.

Photo: Zuffa Boxing – Christian Mbilli
8 – Changement de philosophie pour le groupe Yvon Michel
Le groupe Yvon Michel a présenté quatre combats en 2025. Il a formé des alliances avec MVP de Jake Paul et Matchroom Boxing d’Eddie Hearn. Yvon Michel ne semble plus agir comme promoteur d’événements, mais plutôt comme gérant d’athlètes. On le voit avec Derek Pomerleau et Alexis Barrière, et dans un rôle de consultant avec Kim Clavel. Il semble aussi, en 2025, avoir perdu son contrat avec le Casino de Montréal.
7 – Yan Pellerin est devenu le 2e promoteur du Canada
Mon ami Yan a loué la Place Bell pour présenter le premier combat de championnat du monde de sa compagnie, entre Jean Pascal et Michael Cieslak. Son protégé Marcus Browne a affronté Brandon Glanton au Nigeria et il a sorti Francis Lafrenière de la retraite. Il s’associe aussi à des gens très sérieux : Jean-Paul Mouradian l’épaule avec New Era, l’homme d’affaires derrière le festival Grand Prix sur Crescent. Yan Pellerin adore la boxe locale et tout le monde sort de ses galas avec le sourire. Il permet à des boxeurs de la relève de passer professionnels et de se faire connaître. Guillaume Gosselin, avec deux énormes KO en 2025, est en train de se créer tout un fan base. C’est le prochain Éric Lucas, un boxeur travaillant, aimé de tous.
6 – Tamm Thibeault est une machine de guerre
Le mot que j’utiliserais est fulgurante pour commenter l’année de Tamm Thibeault. Elle détruit littéralement toutes celles qui osent monter sur le ring contre elle. Jake Paul la voit dans sa soupe et Kay Scott lui doit une chance au titre. Dans ses temps libres, elle a même gagné le championnat canadien de boxe amateur et mentionné viser la médaille d’or aux prochains Jeux olympiques. Comme si ce n’était pas assez, elle a profité de 2025 pour terminer un bac en urbanisme en Angleterre.

Photo: MVP – Tamm Thibeault
5 – Osleys Iglesias fait peur
Il est le boxeur le plus craint au monde présentement. Sa victoire contre Vladimir Shishkin au 8e round, pour devenir aspirant numéro un de l’IBF, nous a montré qu’il est plus qu’un dangereux cogneur. La Tornade, c’est la science cubaine à son meilleur, avec deux enclumes à la place des poings. Tous les blogues, forums et analystes au monde le voient déjà unifier les 168 livres si on lui en donne l’opportunité. L’IBF a envoyé un courriel à Saul Alvarez pour vérifier son intérêt ; sinon, il faudra descendre la liste pour lui trouver un adversaire pour le titre vacant des 168 livres. Il termine l’année avec un combat de championnat en poche.

Photo: Vincent Ethier – Osleys Iglesias
4 – Lenar Perez est une grosse pépite d’or
Quand Marc Ramsay l’a vu pour la première fois, il a été surpris par la carrure et la grandeur du Cubain. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il soit le meilleur boxeur à 200 livres à ne pas s’appeler Jai Opetaia. C’est la signature de l’année au Québec et l’une des plus importantes dans le monde de la boxe en 2025. Perez fera ses débuts en mars sur un gala d’EOTTM et vous allez tous comprendre pourquoi Camille Estephan se pince encore la nuit pour vérifier s’il rêve ou s’il a vraiment signé en novembre dernier.
Note de l’auteur : vous allez capoter.
3 – Marie-Ève Dicaire élue à Terrebonne
Grosse année 2025 pour l’ancienne championne du monde. Elle a animé sa propre émission, est chroniqueuse au 5 à 7 à RDS et propose des conférences dans les écoles. Je mentionnerai qu’elle est une excellente ambassadrice pour le sport. J’ai aimé comment elle a su confronter le ministre libéral Enrico Ciccone et son projet de loi sur la réforme de la boxe professionnelle.
2 – Barrière et Pomerleau
Derek Pomerleau marchait sur l’eau au tournoi Grand Prix de la WBC avant de se frotter à Dylan Biggs en grande finale. Si sa notoriété a grimpé en flèche et qu’il est maintenant connu du grand public, il devra quand même retourner à la table à dessin, faire des ajustements et recommencer à gagner des combats loin de l’Arabie saoudite. Le tout avec deux promoteurs qui finiront possiblement encore devant un juge pour se diviser son temps de garde. Son année 2025 demeure positive, avec cinq victoires en six combats.

Photo: Vincent Ethier – Camille Estephan, Bob Arum et Antonin Décarie
1 – EOTTM est un joueur majeur qui peut se comparer à n’importe qui dans le monde
Eye of the Tiger n’a jamais été aussi puissant. En 2025, l’écurie montréalaise a atteint un sommet historique : 17 boxeurs classés mondialement sur 23, dont trois champions du monde. Des chiffres qui confirment ce que le ring montrait déjà : EOTTM est devenue la référence de la boxe québécoise.
En 2025, Eye of the Tiger n’a pas seulement gagné des combats. Elle a été dominante.
Conclusion
2025 a répondu à plusieurs questions… et en a soulevé encore plus. Une chose est certaine : la boxe québécoise n’a jamais été aussi vivante, aussi ambitieuse, ni aussi proche du sommet mondial.