Le 5 février, au Cabaret du Casino de Montréal, Albert Ramirez disputera l’un des combats les plus importants de sa carrière en affrontant le Britannique Lerrone Richards chez les mi-lourds (175 livres).
Devant le public montréalais, le boxeur établi au Québec mettra en jeu le titre intérimaire WBA de la catégorie. Invaincu et reconnu pour sa puissance, Ramirez cherchera à consolider son statut parmi les meilleurs de la division face à un adversaire réputé pour sa discipline tactique et son expérience. Richards, ancien super-moyen, effectue quant à lui une montée de poids dans l’espoir de créer la surprise sur le sol québécois.
J’ai passé des après-midis à regarder des galas en Angleterre qui présentaient Lerrone Richards en sous-carte. Surnommé Sniper the Boss, Frank Warren voit grand en signant ce gaucher prometteur. Avec une fiche amateur de 91-9, neuf titres nationaux et une défaite serrée alors qu’il représentait le Ghana contre le numéro 3 mondial, Richards rate sa chance de participer aux Jeux olympiques.
«Richards est un boxeur qui a longtemps été évité, autant sur la scène britannique que mondiale. Mais quand on travaille aussi fort et qu’on a la mentalité d’Albert Ramirez, on ne refuse aucun défi. Ce sera tout un combat, mais cette première défense de titre n’est que le début d’une grande histoire pour Albert», a ajouté le gérant d’Albert Ramirez, Karim Bouzidi, de Versus Sports Management.
Photo: Champinon.info – Tommy Langford vs Lerrone Richards
Chez les professionnels, Richards se fait rapidement remarquer et tous le voyaient comme un futur prétendant à un championnat du monde. Il enchaîne les victoires contre Tommy Langford, Lennox Clarke, Timo Laine et Giovanni de Carolis. Il devient aussi le premier à vaincre Carlos Gongora et s’empare du titre IBO. Après une dispute avec son équipe de gérants qui le tient éloigné du ring en 2022, brisant complètement son momentum, Richards domine Steed Woodall avec son jab et sa portée avant qu’un crochet droit ne bouleverse sa carrière.
Aujourd’hui, il est de retour avec son entraîneur Dave Coldwell. Le grand gaucher est un boxeur structuré et discipliné, reconnu pour sa maîtrise technique, son sens du ring et son calme sous pression. Gaucher naturel, il construit sa boxe autour de son jab, d’une bonne gestion de la distance et d’une volonté de dicter le rythme du combat. Il peut neutraliser la puissance ou l’explosivité de son adversaire avec une boxe propre, méthodique et efficace.
Il a toutefois les défauts de ses qualités. Richards reste trop souvent en mode attentiste dans le ring et devient vulnérable face à un adversaire capable d’augmenter le volume de coups ou d’imposer une pression constante round après round. Il n’est pas reconnu pour sa force de frappe et ne peut pas toujours se faire respecter avec un seul coup décisif. Ces limites seront encore plus évidentes chez les 175 livres. S’il est très doué techniquement, il a démontré plusieurs faiblesses en courte distance face à Steed Woodall. Dans le petit ring du Casino, on peut déjà anticiper que ce sera la stratégie d’Albert Ramirez.
Photo: Vincent Ethier – Albert Ramirez
Si Lerrone Richards reste un technicien redoutable, capable de contrôler le rythme et de dicter les échanges, Albert Ramirez représente un défi de taille avec sa puissance et sa détermination. Les deux boxeurs possèdent des atouts complémentaires: la précision et l’expérience d’un côté, la force et la combativité de l’autre. Tout reste donc à écrire, et ce duel pourrait basculer à tout moment, promettant un affrontement où stratégie, sang-froid et coups décisifs feront la différence. Je suis curieux de voir ce duel: autant Ramirez pourrait le surprendre tôt et fermer les livres, autant Richards pourrait, avec ses pinceaux techniques, peindre un chef-d’œuvre au Casino de Montréal. Une victoire contre Albert Ramirez changerait la vie du boxeur anglais.
Bonus – opinion de l’auteur
EOTTM joue avec le feu et finira par se brûler. Le styliste Lerrone Richards face à Albert Ramirez. Le paquet de trouble suisse Ramadan Hiseni contre Steven Butler. Le Néo-Brunswickois Dominic Babineau face à Thomas Chabot. Je rajouterais même le Russe Pavel Silyagin contre Osleys Iglesias. En 2026, les adversaires sont meilleurs que jamais et jouissent d’une grande réputation internationale. Les boxeurs d’EOTTM pourront-ils continuer à gagner face à ce genre de défi?