J’écoute chaque gala présenté au Québec avec une attention des plus sérieuses. Pour moi, un gala vient toujours avec des questions auxquelles je tente de trouver des réponses.
Les semaines qui précèdent, je cherche à comprendre les motivations derrière les choix d’adversaires. Le matchmaker Jordan Mathieu, les entraîneurs et Camille Estephan lui-même ne laissent rien au hasard. Camille, pour sa part, est reconnu pour aimer le jeu des comparaisons. Il pige allègrement parmi des boxeurs ayant déjà fait la limite contre des champions ou des pointures classées.
Ensuite, je me mets dans les souliers de tous les stratèges d’EOTTM et je me pose les questions que j’imagine avoir animé leurs débats internes.
Reste plus qu’à sortir les Doritos fromage mordant, les Skittles surettes et quatre cannettes de Ginger Ale pour regarder le gala et obtenir mes réponses.

Photo: Vitor Munhoz – Nickenson Denis et El Moustafa Lyousfi
El Moustafa Lyousfi est en train de se construire une armée
Je suis heureux pour ce jeune entraîneur compétent qu’on a vu toute la semaine lors des conférences et de la pesée officielle. L’entraîneur du gym The Corner entraîne Keven Beauséjour, Nickenson Denis, Abed El Safadi et Mohammed Soumaoro. Il fait partie de la prochaine génération d’entraîneurs qui remplaceront un jour Stephan Larouche et Marc Ramsay dans l’échiquier mondial.
Coach Elyo croit beaucoup à la discipline, à répéter à l’entraînement des mouvements qui deviendront naturels le soir du combat et à la force du mental. C’est lui qui s’occupe de la carrière professionnelle de Keven Beauséjour et Nickenson Denis, qu’on a vus performer au Casino de Montréal cette semaine.

Photo: Vitor Munhoz – Avery Martin Duval
Avery Martin Duval est bien meilleur que je pensais
Je suis un homme d’une grande honnêteté et d’une rigueur sans faille, c’est ma mère qui me l’a dit. J’ai toujours cru (avant-hier) que le Hawkesburyen était un boxeur national sans plus. Je voyais EOTTM l’opposer dans une trilogie avec Thomas Chabot ou même Luis Santana dans des duels locaux. Je pensais même qu’il se ferait battre par Jose Macias Enriquez (je te demande pardon, Avery), parce que j’avais le souvenir qu’il avait pris des rounds à Yves Ulysse et Ray Seitzhanov à l’âge de 22 ans.
AMD a vu sa valeur exploser comme les semi-conducteurs depuis leur entrée en Bourse avec sa performance au Casino. Ses déplacements latéraux malgré la pression, sa précision, sa force de frappe en contre-attaque. Il avait même un certain snap de violence dans ses coups. Avery mérite sa chance dans un combat à l’international. Il a boxé de grande façon et mérite qu’EOTTM investisse massivement sur lui. C’est le gagnant de la carte du Casino.
Photo: Vitor Munhoz – Jhon Orobio
Jhon Orobio est une pépite d’or
Son adversaire, Jonathan Montrel, a été soigneusement choisi pour lancer un message à la division. L’Américain venait de faire la limite avec Emiliano Vargas. Le message devait être clair : El General n’est pas le meilleur prospect de sa division, c’est un honneur qui doit revenir à notre boxeur.
Je cherche un mot à la hauteur de ce que Orobio fait avec les défis qu’on lui amène depuis son arrivée au Québec. Je dirais qu’il dévisse la compétition. On a rarement vu ça. C’est encore complexe de prédire jusqu’où il ira, mais il passe tous les tests jusqu’à présent.

Photo: Vitor Munhoz – Dzmitry Asanau
Dzmitry Asanau est le plus beau boxeur de l’histoire du Québec
Notre version à nous de Lomachenko. Le voir boxer, c’est regarder une œuvre d’art. Ses déplacements et sa fluidité me rappellent le Salvator Mundi de Léonard de Vinci.
Imam Khataev est un animal de guerre
Je m’en suis posé des questions sur Imam Khataev après qu’on l’ait volé face à David Morrell. Doit-on vraiment le considérer comme un lourd cogneur chez les 175 livres? Son adversaire, Diallo, était parfait pour répondre à ma question.
Photo: Vitor Munhoz – Albert Ramirez
Albert Ramirez a-t-il croulé sous la pression?
Quand on se fait aller la mâchoire à lancer des défis à Artur Beterbiev, Dmitry Bivol ou David Benavidez, on ne peut pas se permettre d’être déclassé par Lerrone Richards (envoie une carte de Noël aux deux juges du Panama, Albert).
EOTTM doit revoir ses plans avec son boxeur. Il a beau être classé no 2 sur BoxRec ou avoir un énorme taux de KO, ce n’est pas Albert Ramirez le futur des 175 livres.
Vous savez ce que j’aime avec la boxe? C’est que je me pose déjà plein d’autres questions. Wilkens Mathieu est-il lancé trop vite face à un boxeur expérimenté comme Esquiva Falcão? Mehmet Unal verra-t-il un deuxième round? Et Moreno Fendero continuera-t-il sur sa lancée de gagner un combat tous les trois mois?
On se revoit la semaine prochaine.

