Entrevue avec le Soldat, Moreno Fendero
Le 3 septembre prochain, au Casino de Montréal, Moreno Fendero disputera le combat le plus important de sa carrière en affrontant Stéphane Fondjo dans une demi-finale qui pourrait le propulser vers les plus hauts sommets de sa catégorie.
Mais derrière le boxeur en pleine ascension se cache un homme qui traverse l’une des périodes les plus éprouvantes de sa vie. Quelques semaines avant ce rendez-vous crucial, Moreno a perdu son frère, un militaire qu’il admirait profondément.
Je ne le cacherai pas: c’est la première fois que je réalise une entrevue sous cette forme. C’est donc un bonheur pour moi de lancer cette série avec un boxeur que je considère comme un ami. Tout le Québec gagnera à connaître Moreno Fendero. En langage de boxe, il possède le charisme de Lucian Bute, le sourire d’Yves Ulysse Jr et un physique découpé au couteau qui rappelle Dierry Jean.
Je tiens également à préciser que c’est Moreno lui-même qui a pris son téléphone pour appeler le matchmaker Jordan Mathieu afin qu’on lui trouve des adversaires hautement classés et expérimentés. Il n’a jamais demandé un chemin facile.

Photo: Jeff Lockhart – Moreno Fendero vs Jonathan González Ortiz
Dans cette entrevue accordée à Punching Grace, le Français d’origine revient avec franchise sur cette épreuve, sur les valeurs que lui a transmises l’armée, sur son choix de tout quitter pour relancer sa carrière au Québec et sur l’amour qu’il porte aujourd’hui à Montréal, une ville qu’il considère désormais comme chez lui.
Laurent: Tu traverses une semaine extrêmement difficile avec le décès de ton frère. Souhaites-tu nous parler de l’homme qu’il était et de ce qu’il représentait pour toi?
Moreno Fendero: Quand on perd un proche, c’est toujours difficile. Mon frère est parti avec ce qu’il y a de plus beau pour un militaire : les honneurs. En ce moment, toute ma famille est à sa veillée mortuaire, mais moi, je dois me mobiliser. Je sais qu’il aurait voulu que je continue d’avancer. Je lui souhaite un bon voyage et, après mon combat du 3 septembre, j’irai lui rendre l’hommage qu’il mérite. Ce combat, je le porterai aussi pour lui.
Laurent: Toi aussi, tu as porté l’uniforme comme militaire. Quelles valeurs cette expérience t’a-t-elle laissée?
Moreno Fendero: Ce que j’ai appris à l’armée, aucun autre endroit au monde ne peut l’égaler. La discipline, le savoir-faire, les valeurs et les leçons de vie m’accompagneront jusqu’à mon dernier souffle.

Photo: IG – Moreno Fendero
Laurent: Tu as quitté la France pour reconstruire ta carrière au Québec. À quel moment t’es-tu dit: «Je laisse tout derrière»?
Moreno Fendero: Quand je suis arrivé à Montréal, j’ai tout de suite aimé cette ville… Aujourd’hui, je suis un vrai Montréalais. Et, misère, que c’est bon!
Laurent: Tu es arrivé à Montréal pour la boxe. À quel moment Montréal est-elle devenue chez toi?
Moreno Fendero: Montréal m’a adopté. Je suis arrivé à Montréal comme un roi et je repartirai comme une légende… mais, au fond de moi, j’espère qu’on ne me laissera jamais repartir.
Laurent: Qu’est-ce que Montréal t’a apporté?
Moreno Fendero: Montréal m’a apporté de la concentration, une grande autonomie et une autre façon de voir la vie. Sa plus grande richesse, ce sont ses habitants.
Laurent: Si un ami hésitait à venir vivre à Montréal?
Moreno Fendero: Je lui dirais simplement : viens. Je prendrai soin de toi comme Montréal a pris soin de moi.

photo: IG – Moreno Fendero
Laurent: Après tout ce que tu as vécu, qu’est-ce qui te pousse encore à monter sur un ring?
Moreno Fendero: J’ai encore des choses à me prouver. Je suis un éternel insatisfait, et c’est ce qui me pousse à me dépasser.
Laurent: Que doivent retenir les amateurs de Moreno Fendero?
Moreno Fendero: Mon sourire à un million de dollars! Derrière ce sourire, il y a un homme qui travaille et qui se relève toujours.
Laurent: Que changerait une victoire le 3 septembre?
Moreno Fendero: C’est une demi-finale extrêmement importante. Même après le décès de mon frère, je suis resté dans ma bulle parce que je lui avais promis une surprise.
Laurent: Une victoire te rapprocherait-elle des sommets?
Moreno Fendero: Oui, elle me rapprocherait des meilleures positions mondiales. Je travaille chaque jour pour offrir le meilleur spectacle possible.

photo: Vitor Munhoz – Moreno Fendero
Même s’il ne doit pas regarder plus loin que Stéphane Fondjo, le protégé d’Ian MacKillop sait très bien ce qui est en jeu. Fondjo représente un défi de taille par sa portée et son expérience. Une victoire convaincante enverrait un message clair à la division des 168 livres.
Le 3 septembre, Moreno Fendero sera prêt.