Le 8 octobre prochain, le Théâtre Capitole de Québec sera le théâtre d’une soirée particulièrement chargée pour Eye of the Tiger. Et au milieu de cette carte où pas moins de neuf titres seront en jeu, dont trois championnats du monde, un nom risque de provoquer quelques « Oliver qui? » chez les amateurs québécois : Oliver Zaren.
Le Danois invaincu viendra se mesurer à Osleys Iglesias, champion du monde IBF et IBO des super-moyens, dans ce qui constituera la première défense de son titre IBF. Zaren présente une fiche de 19 victoires, aucune défaite, un verdict nul et huit victoires par K.-O. Il est également classé parmi les principaux prétendants de l’IBF.
S’il n’est pas encore connu du grand public, surtout de ce côté-ci de l’océan, le Danois n’est pas un pied de céleri, comme on dit ici au Québec. Zaren est un grand gaucher de 6 pieds 3 pouces qui a construit sa fiche en Europe. Sa fiche est de 19-0 avec 8 victoires par K.-O., il possède le titre international de l’IBF et le 5e rang de cette organisation.
Photo: BoxingScene – Oliver Zaren
« Ce combat, c’est un rêve qui se réalise pour moi, un rêve que je chéris depuis mon enfance et qui se concrétisera finalement avec ma victoire. Osleys Iglesias est fort, grand, puissant, et je sais qu’il fait peur même à l’élite mondiale… mais pas à moi, parce que je connais mon niveau. Le 8 octobre, je ne viendrai pas à Québec en visiteur. J’y viendrai en conquérant », a témoigné le guerrier scandinave Oliver Zaren.
Pourquoi Zaren?
La règle est simple à l’IBF : le champion doit affronter son aspirant obligatoire dans les neuf mois suivant la conquête du titre, en plus d’accorder une défense optionnelle. Il réglera une des deux obligations face à Oliver Zaren pour ensuite demander au comité de lui ordonner un aspirant obligatoire. Ainsi va l’IBF, l’organisme le plus rigoureux de la boxe depuis qu’ils se sont fait prendre à vendre les classements aux enchères en 1999.
Iglesias n’est donc pas obligé de défendre immédiatement son titre contre le numéro 1 de l’IBF. Il dispose d’une période pendant laquelle il peut faire une défense volontaire, à condition de respecter les règles de l’organisation.
Photo: Vitor Munhoz – Osleys Iglesias
Des amateurs aux professionnels
Avant de devenir le boxeur invaincu qui s’apprête à débarquer à Québec, Oliver Zaren a d’abord fait ses classes chez les amateurs au Danemark. Il a disputé 40 combats amateurs, en remportant 30, notamment sous les couleurs du Jyllinge Boxing Team et du C.I.K. Boksning. Il a également été champion du Sjælland et a participé aux championnats nationaux danois.
À seulement 19 ans, Zaren décide de passer chez les professionnels. Il dispute son dernier combat amateur en juin 2019 avant de faire ses débuts professionnels le 4 juillet 2019 à Aabenraa, au Danemark. À l’époque, il est présenté comme un jeune talent capable d’aller loin, avec l’ambition éventuelle de se battre pour un championnat du monde.
Froces
C’est un boxeur complet qui peut s’adapter à plusieurs styles dans un ring de boxe. Il gère la distance, boxe de manière ordonnée et ne se lance jamais dans une bagarre coup pour coup. Son matchmaking, disons, n’a pas été fait pour brûler les étapes; on y est allé progressivement avec lui. Il est endurant et n’a aucune difficulté à faire la distance lors de ses combats. Solide gabarit à 6 pieds 3 pouces pour la catégorie, son pain et beurre est de contrôler la distance, imposer son jab — le résumé en un seul mot : Méthodique.
« Oliver a énormément de talent et il travaille très fort. Je vois un talent exceptionnel. Il possède les habiletés, la portée et il peut boxer aussi bien gaucher que droitier. Il peut aller jusqu’au bout. » – Mikkel Kessler
Photo: BoxingScene – Oliver Zaren
Faiblesses
Il a été relativement peu testé, au Danemark comme à l’extérieur. C’est toute une marche qu’il va prendre face à Osleys Iglesias. Il n’est pas vraiment préparé pour ça si on regarde ses derniers adversaires. Pour citer Mikkel Kessler lui-même : il trouvait qu’il travaillait trop fort dans ses rounds et baissait parfois de rythme en se fatiguant par sa propre faute. On n’a aucune idée comment il réagira sous pression, parce qu’il n’a jamais été testé ou frappé durement dans sa carrière.
Pour résumer ma pensée : le problème avec Oliver Zaren n’est pas qu’il serait mauvais. C’est qu’on ne sait toujours pas comment il réagira lorsque quelqu’un du calibre d’Osleys Iglesias lui enlèvera le confort qu’il a eu dans la majorité de ses combats.
On a une finale de qualité à Québec avec cette défense IBF entre deux hommes invaincus. Wilkens Mathieu vs Vladimir Shishkin est intriguant et j’y reviendrai, Khataev/McCrory et Santana/Asanau, Vincent Tremblay prépare ma chambre d’amis, je serai à Québec en octobre.
Pour ma prédiction : Osleys Iglesias au 8e round.
Photo: Vitor Munhoz – Osleys Iglesias



