Une bonne partie du camp d’entraînement se déroule bien sûr au gymnase, entre les séances de sparring et le travail technique avec ses entraîneurs, mais la préparation physique joue elle aussi un rôle majeur. Jetez un coup d’œil sur Christian Mbilli et vous verrez de quoi je parle.
« Quelque chose qui le sépare des autres athlètes, c’est sa volonté de travailler dans l’inconfort. Quand les gens sont fatigués ou ils abandonnent, Christian, lui, trouve toujours le moyen de se motiver, de pousser un peu plus loin et maintenir la cadence », nous a confié Philippe Gougeon, préparateur physique de Christian Mbilli.
Selon lui, c’est là que ça peut se jouer lors de ses combats. Il affronte un adversaire, évidemment, mais au fond, sa motivation de se dépasser et de faire mieux joue aussi un rôle important.
Photo: Virginie Assaly – Christian Mbilli
Mais ce qui le distingue de nombreux athlètes, c’est sa capacité cardiovasculaire remarquable, qui vient s’ajouter à une force physique hors du commun, d’après le préparateur physique.
« Habituellement, c’est soit un ou l’autre. Parfois les deux ne sont pas très forts, mais Christian a une bonne combinaison des deux », mentionne-t-il.
C’est d’ailleurs ce qui lui permet non seulement de mettre autant de pression sur ses adversaires, mais aussi de leur faire vraiment mal.
La compétition comme carburant
« Ce matin, c’était un des gros entraînements du camp, parce que Christian va commencer ses 10 et 12 rounds de sparring la semaine prochaine, donc on essaye de faire ses gros entraînements avant ça pour ne pas le fatiguer. Mais ce matin, lui et Jhon Orobio étaient en grosse compétition. Ils se narguaient un peu et ils veulent toujours se battre les uns les autres, par exemple au sprint. Ce matin, Jhon disait qu’il allait battre Christian, mais à chaque fois Christian a répondu en maintenant son bout et en le battant », ajoute Philippe Gougeon.
Photo: Vitor Munhoz – Christian Mbilli et Jhon Orobio
On savait déjà que Christian détestait arriver deuxième, et ses partenaires d’entraînement en paient le prix, du moins, c’est ce que laisse entendre son préparateur physique.
Il affirme même qu’il performe mieux lorsqu’il fait face à de l’adversité.
« L’autre jour, Christian était rendu à sa huitième répétition au sprint, il avait l’air brûlé, mais il a fait un record personnel de vitesse », partage-t-il.
Et, selon Philippe Gougeon, Christian est pleinement conscient de l’importance de sa condition physique et de l’impact que celle-ci aura sur ses performances en boxe.
Le boxeur français reconnaît l’intérêt de soulever des charges lourdes à haute vitesse, d’enchaîner les sprints et de s’entraîner dans des conditions difficiles.
Photo: Philippe Gougeon – Philippe Gougeon et Christian Mbilli
Une mentalité de champion
« Et c’est vraiment un avantage de travailler avec un gars comme ça, parce que quand on arrive le soir du combat, on le sait déjà que peu importe le résultat, ce ne sera jamais une question de ne pas avoir essayé », croît Philippe Gougeon.
S’il est vrai qu’une mauvaise performance peut parfois s’expliquer par un manque d’investissement à l’entraînement, ce n’est pas quelque chose qu’on a jamais pu reprocher au Montréalais d’adoption.
C’est un peu comme le rêve d’un entraîneur. Christian fait toujours tout ce qu’il a à faire pour mettre les chances de son côté, selon le préparateur physique.
« Pour Christian, une fois que les devoirs sont faits, il se dit que c’est sûr qu’on va gagner. Il y va parce qu’il se voit gagner, et ça, c’est une qualité qu’ont les grands athlètes. Peu importe qui il affronte, il a un égo qui le pousse à croire qu’il va être capable de le faire », ajoute-t-il.
Mais un athlète qui ne part pas avec cette mentalité, c’est un athlète qui commence avec deux prises au bâton, estime Philippe Gougeon.
Photo: Virginie Assaly – Philippe Gougeon, Marc Ramsay, Christian Mbilli et Luc Vincent Ouellet